Bassin de Thau - Un programme expérimental à l'étude pour maitriser les risques d'INVERSAC sur le Bassin de Thau

Bassin de Thau - Un programme expérimental à l'étude pour maitriser les risques d'INVERSAC sur le Bassin de Thau

Bassin de Thau - Un programme expérimental à l'étude pour maitriser les risques d'INVERSAC sur le Bassin de Thau

Par Christine BONELLI : Responsable Communication SMBT, le 18 Janvier 2024

Eaux souterraines : Un programme expérimental à l’étude pour maitriser les risques d’inversac suite au dernier phénomène survenu sur la source de la Vise.

L’année 2023 est celle de tous les records(1) : pluviométriques, avec seulement 210 mm de cumul annuel sur Sète et piézométrique, avec des niveaux d’eau des nappes souterraines, montrant le plus bas niveau atteint depuis 1959 (début des enregistrements sur le territoire).

Dans ces conditions, l’arrivée d’un nouvel inversac sur la source de la Vise était probable et prévisible. Il est survenu le 18 octobre 2023 lors d’une tempête et une montée des niveaux de l’étang de Thau.

Désormais un programme expérimental inédit en France est à l’étude et, grâce à la mobilisation de nombreux partenaires, celui-ci devrait s’engager cette année.

Depuis le déclenchement en octobre 2023 d’un nouvel inversac, les eaux lagunaires s’engouffrent dans la source de la Vise à près de 230 litres/seconde de moyenne dans ld’eau douce souterraine. Il s’agit du huitième phénomène d’inversac connu depuis 1967.

Face à la sécheresse qui touche notre territoire et devant le risque d’inversac, de nombreuses réunions se sont déroulées dès le mois de juin 2023 pour échanger et débattre des stratégies à déployer.

Les partenaires ont eu l’occasion d’échanger lors de deux Commissions Locale de l’Eau (CLE), une commission paritaire entre Maires et usagers de la lagune, une cellule de crise de suivi du phénomène suite au déclenchement et un comité technique d’expertise hydrogéologique.

A l’issue de ces différentes instances de concertation et sur la base des résultats et expertises hydrogéologiques apportés par le BRGM(3), notamment en lien avec le programme DEMEAU’Thau, les partenaires ont décidé le montage d’un programme expérimental sur la source de la Vise visant à limiter les intrusions d’eau salines en conditions d’inversac.

Ainsi depuis 4 mois, les experts travaillent à la conception d’un programme expérimental sur la source sous-marine.

Une expérimentation inédite en France

L’expérimentation qui est programmée sur la source de la Vise représente une première au niveau national sur la mise en place de solutions pour contenir l'intrusion d'eau salée dans les nappes souterraines. Le cas de Thau n'est pas un cas isolé et bien des territoires littoraux sont ou seront exposés dans le futur à des problématiques de salinisation des nappes d'eau douce en raison des connexions entre la mer et les aquifères.

Les mesures de protection des aquifères d'eau douce en zone littorale représentent une solution de sauvegarde essentielle des réservoirs d'eau douce. Au-delà de l'enjeu local, la communauté scientifique, à travers le BRGM, est très mobilisée pour suivre sur cette expérimentation qui pourra amener d'autres territoires à se positionner sur des mesures de protection similaires.

Un projet qui s’affine

Ce programme a été présenté et discuté le jeudi 11 janvier dernier devant un comité de pilotage réunissant la préfecture de l’Hérault, La région Occitanie, le Département de l’Hérault, l’Agence de l’eau, Sète Agglopole Méditerranée et la commune de Balaruc-les- Bains en présence de François Commeinhes et Michel Garcia.

Le SMBT porterait la maitrise d’ouvrage du projet et le BRGM sa réalisation qui s’étalerait sur 3 années pour un montant global de 500 000 €.

Ce programme serait découpé en 4 phases :

  •  La première consisterait à établir les dossiers d’autorisation (Loi sur l’Eau, Occupation du domaine public maritime),
  •   La seconde phase permettrait de concevoir la pièce qui sera réalisée sur mesure puis déposée au fond à 27 mètres,
  •   Les deux dernières phases consisteraient à établir des expériences testant des situations en débit « entrant » et « sortant », permettant d’évaluer l’efficacité de l’ouvrage et les réponses de l’aquifère.

Ces expériences permettront de tester un dispositif de réduction de l’impact d’un inversac et de suivre le comportement de l’hydro système, mais aussi d’expérimenter une solution de régulation de la ressource en eau douce souterraine afin d’évaluer les conditions permettant, le cas échéant, de limiter le déclenchement du phénomène d’inversac.

Pour Michel GARCIA, Vice-président du SMBT et de Sète Agglopôle Méditerranée, Président de la Commission locale de l’eau et Conseiller municipal à Villeveyrac :

« Ce programme expérimental est essentiel pour l'avenir de notre territoire. Protéger nos ressources en eaux souterraines douces des pollutions salines de plus en plus récurrentes et intenses nous permettra dans un contexte de changement climatique,
de sécuriser les différents usages de l’eau et de garantir les équilibres écologiques
de notre lagune. »

La concrétisation du programme et le calendrier de réalisation sont conditionnés autour de la table des financeurs qui ont d'ores et déjà acté une position de principe sur le financement de l'expérimentation. Ainsi l’Etat, la Région Occitanie, le Département de l’Hérault, Sète Agglopôle Méditerranée et la Ville de Balaruc-les-Bains ont confirmé leur engagement à soutenir le programme.

Dans les prochaines semaines les détails du programme expérimental devraient être connus.


LE SAVIEZ-VOUS ?

Coordonné par le BRGM, le programme Dem’eaux a été mené en partenariat avec d’autres unités de recherche : UMR Géosciences Montpellier, UMR Hydrosciences et une entreprise spécialisée en informatique (Synapse), ainsi que les gestionnaires de la ressource en eau du territoire, dont le Syndicat mixte du bassin de Thau.

D’un montant de 5,3 millions d’euros, le financement du projet est assuré à 42% par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche et la Région Occitanie (dans le cadre du Contrat de Plan Etat-Région 2015-2020), à 11% par le fonds européen FEDER, à 17% par l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse, à 4% par Montpellier Méditerranée Métropole, à 2% par Balaruc-les-Bains et à 1% par le Syndicat Mixte du Bassin de Thau. Le reste du financement du projet (23%) est apporté grâce à la participation financière de la plupart des partenaires dont le BRGM

Plus d’informations : https://vu.fr/izea

 

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